Frère soleil et sœur lune
La Vérité n’est pas un meilleur point de vue dans notre illusion. De façon majestueuse, elle la coiffe dans sa totalité. Elle n’est pas la cime de la montagne, mais l’ouverture incommensurable que l’on y trouve. En nous, c’est un ciel. C’est la toile de fond sur laquelle tout apparait et peut se concrétiser. On nous a appris à “Avoir”, à posséder, mais pas “Être”, à vivre ce qui constitue le fondement de toute création et de toute possession.
L’illusion consiste à ne regarder et à ne retenir qu’un aspect du monde et de ce que nous sommes. Cela provient de notre besoin de saisir, de nous sécuriser, qui se concrétise par une conception matérialiste de l’existence. Nous croyons que tout ici-bas est composé d’individus et de choses séparées. Pourtant, tout, bien que d’aspects différents, possède la même nature, la même essence.
Parce qu’il détenait cette vision unitaire, saint François parlait des êtres, des animaux et des choses comme ses frères et sœurs. Nous concernant, cette unité, cette “fraternité”, se limite à des concepts intellectuels. Il nous sera impossible de les dépasser tant que nous resterons divisés en nous-mêmes. C’est la réconciliation avec la vie, le Ciel et nous mêmes, qui nous redonne le sens naturel d’unité et de complétude.
La vision duelle et fragmentée que nous subissons, provient d’un conflit intérieur et de la douleur qui en découle. Cependant, ce n’est pas ce monde, mais les hommes qui en sont responsables. Tout rejet de notre part se traduit par une fermeture et la prise d’une posture mentale. En réalité, c’est nous seuls qui nous fermons et replions notre liberté et notre perception. Ce faisant, comment pourrions-nous avoir la chance, la possibilité de retrouver un monde où règne l’unité et la fraternité ?



