Parfait comme le Ciel
L’Esprit est parfait comme le ciel. Il ne nous sert à rien de chercher à en faire quelque chose. Son essence est semblable au sable d’une plage. Nous pouvons le manipuler, y dessiner des formes, le modeler… rien de ce que nous en faisons ne peut changer sa nature. Dans tous les cas, c’est toujours le même sable que nous conservons.
Maintenant, l’illusion qui nous domine nous pousse au changement. Elle nous demande d’agir, de “faire” afin qu’elle soit participante de notre libération spirituelle. C’est comme si le rôle qu’incarne un comédien voulait devenir le comédien lui-même. En fait, la comédie, le rôle ne souhaite pas s’arrêter, mais au contraire continuer d’occuper le terrain.
Alors que nous savons que la vérité est vraie, que l’illusion n’a pas le pouvoir de l’altérer, nous voulons quand même être l’artisan de notre devenir spirituel. C’est comme si notre mensonge voulait être vrai. De quelle manière cela pourrait-il être possible ? En quoi serait-ce nécessaire ? Notre mensonge ne concerne que lui seul. Par-delà nos manipulations intellectuelles, la Vérité demeure vraie.
Le personnage veut changer. Cependant, sa vision du changement se limite à sa seule interprétation. S’agissant de la “libération”, elle ne peut pas résulter d’un nouveau “jeu” ou d’un nouveau style à adopter. Ici, il convient que toute comédie cesse d’être proclamée, afin que lui-même s’épuise dans son rôle. Aucun “faire”, aucune transformation n’est requise concernant la Vérité.
Parce que, comme les autres, il fait partie intégrante du jeu, aucun chercheur, aucun pratiquant ne peut davantage s’en délivrer. Il en est directement le protagoniste. L’éveil est la libération d’une illusion engendrée par nos seules représentations mentales. Pour tous, à tout instant, il peut survenir grâce à l’invalidation de ses croyances, de ses idées, qu’il reconnait vouloir superposer au réel pour se l’approprier.



