Savoir ou réaliser
Par la contemplation, nous cessons de faire une boucle mentale avec nous-mêmes. Nous nous arrêtons de donner une réalité à ce qui n’est qu’une idée. Comme dans le miroir, l’image de nous dans notre esprit n’est qu’un reflet vide. Il n’y a personne. Nous conversons avec notre propre écho. En conséquence, il apparaît absurde de négocier et d’argumenter contre soi-même.
Lorsque l’on dit que “il n’y a personne”, cela devrait logiquement mettre fin à notre dualité. Pourtant, ce n’est pas ce qui se passe. La duplicité qui règne en nous ne l’entend pas ainsi. L’esquive consiste donc à s’en faire seulement une conception théorique. Parce que nous “savons”, nous voulons croire que cela suffit. Savoir ou Entendre “qu’il n’y a personne” ne produit pas sur nous le même effet.
Dans un cas, nous enrichissons notre compréhension intellectuelle. Dans l’autre, nous nous libérons d’une relation trompeuse contre un adversaire imaginaire. Étant donné que celui-ci n’existe pas, le scénario s’arrête ! Sans antagoniste, tout le jeu devient caduc.
La réalisation agit différemment de la compréhension. Elle ne se limite pas à rajouter une idée sur une autre. C’est toute notre logique conceptuelle qui se trouve démystifiée, parce qu’elle est enfin remise en cause et perçue d’un point de vue dégagé.



