Le puits d’Amour
Texte du vidéoclip
En chacun de nous, l’Amour demeure inconditionnel. Cependant, nos cœurs sont comme des pompes qui se sont grippées ou qui n’ont jamais été mises en service. Le fait d’avoir des jambes ne nous oblige pas à courir. Il est possible qu’aimer n’ait jamais été notre priorité, et que cela ne nous ait pas semblé indispensable jusqu’à présent.
S’agissant du sentiment d’amour, nous avons tendance à éviter les engagements et les investissements risqués. Curieusement, cette attitude reflète celle que nous entretenons avec l’argent. Nous attendons de l’amour qu’il nous apporte quelque chose, comme tout le reste. L’amour peut être vécu de manière rationnelle et calculée, mais ce n’est pas l’Amour en soi qui est ainsi, c’est la façon dont les gens l’abordent.
Aurions-nous peur d’aimer ? En général, nous craignons l’inconnu. Cela en dit long sur notre relation avec notre cœur. C’est une raison de plus de l’investir et de l’utiliser concrètement. L’Amour se répand comme la lumière d’une lampe qui éclaire une pièce entière, sans faire de distinction. Tout comme l’ampoule bénéficie en premier de sa propre lumière, nous aussi, en aimant, nous recevons d’abord l’Amour en nous.
C’est l’Amour même qui nous apprend à aimer. Ainsi, plus nous aimons, plus nous pouvons aimer. De même que pour rayonner la paix et le calme, nous devons d’abord les incarner, concernant l’Amour, contrairement aux idées reçues, nous en sommes le premier réceptacle. Ce n’est pas l’autre.
Puisque l’on ne peut forcer personne à recevoir nos sentiments, l’amour doit d’abord être cultivé en soi pour s’exprimer pleinement. C’est cette incarnation effective et vibrante qui, par ricochet, finit par toucher les autres.
En détournant le célèbre adage, je dirais : “Aime-toi toi-même”. Non par narcissisme, mais par nécessité : comme dans un sauvetage, il faut savoir se porter secours à soi-même pour être en mesure d’aider les autres.
Lorsque la vitalité de l’Amour circule en nous, nous prenons conscience de la froideur mortifère qui y régnait auparavant. Bien que faits de chair et de sang, nous fonctionnions comme des robots, dépourvus de l’étincelle vitale. Par conséquent, nos efforts déployés pour nous rendre heureux restaient vains. C’était comme ramasser du bois dans la forêt, sans jamais l’utiliser pour faire du feu.
L’Amour n’est ni un mythe ni la caricature romantique et passionnelle que l’homme en a façonnée. Prétendre qu’il n’est que faiblesse et soumission revient à le méconnaître et à le refouler au plus profond de sa personne. Il n’y a aucune force à renoncer à l’Amour et à s’endurcir ; c’est comme s’atrophier en supprimant sa part essentielle d’humanité.
Dans cette vie, l’Amour demeure le domaine le plus inexploré de l’humanité. Alors que nous cherchons le bonheur dans les progrès scientifiques et médicaux, nous négligeons souvent cette ressource vivante et mystérieuse qui réside en chaque être sensible. C’est pourtant là que nous devrions apprendre à puiser en premier lieu. Peu importe les innombrables raisons et circonstances qui sont la cause de nos joies. En définitive, c’est dans l’unique écrin du cœur, que toutes s’expriment et deviennent manifestées.



