La vérité du Vivant
“Être dans le Vivant”, c’est vivre l’instant présent, dans son émergence et son apparition. Tel le flot d’une cascade, la Vie se renouvelle sans cesse. Comme l’eau jaillissant de la roche, elle surgit spontanément par la Présence. C’est le rythme de la Vie, là où elle s’actualise. C’est comme une musique dont nous pouvons suivre le tempo en dansant. Être dans le Vivant, c’est être là où tout se passe, en harmonie et non décalé en suivant un temps imaginaire et artificiel.
Illusionnés et piégés dans notre scénario mental, nous sommes désynchronisés. Nous nous sommes inventé des temps artificiels qui distordent le temps réel et naturel. Ainsi, nous croyons faire des pauses, recommencer, effacer, anticiper… alors que seule la Présence actuelle existe. Finalement, nous ne coulons pas avec la Source, mais avançons dans un timing personnel. On pourrait penser que cela n’a pas d’importance, mais, en fonctionnant ainsi, nous manquons l’intensité et la grandeur de la Vie. C’est comme se tenir à distance d’un feu de camp et n’en ressentir que la tiédeur et une faible lueur.
Malgré notre manipulation du temps, l’Instant demeure constant. Il ne tient qu’à nous de nous synchroniser avec son rythme. Mais le souhaitons-nous vraiment ? À travers ses projections, ses multiples adaptations imaginaires, le personnage se convainc de sa propre existence. Cela constitue son décor et lui permet d’évoluer. En somme, c’est la volonté du personnage qui est à l’œuvre. Dans ce contexte, s’entraîner à la “présence” ou rechercher une “authenticité” ne sert à rien ! C’est tout le mythe qu’il incarne qui doit être remis en question. La meilleure façon d’être vivant, c’est de renoncer à notre fausse identité. Cela devient plus facile lorsque nous ne voulons plus vivre empêtrés dans le mensonge.
Ne voulons-nous pas être réellement vivants ? Malheureusement, nous restons aveugles à la richesse qui nous entoure et ainsi la négligeons. Il nous faudrait déjà être réanimés pour en prendre la mesure. L’Instant n’est autre que la Source que nous dédaignons. Si c’est grâce à elle, que tout existe, ainsi que nos créations, retrouver le rythme découle simplement de ne plus l’ignorer.
“Être pleinement vivant”, n’est-ce pas le but ultime de l’existence ? Si nous l’étions, nous n’aurions pas besoin de tous ces artifices qui ne font que masquer l’absence de Vie. Que d’espoir et d’efforts générés dans l’illusion pour finalement prolonger notre rêve !



