Définir l’Esprit par sa propre pensée
Nous comprenons que le corps n’est pas ses mouvements. Aussi, nous constatons qu’il en reste parfaitement libre et disponible pour de nouveaux. Cela est également applicable à l’Esprit. Celui-ci n’est pas sa pensée ni son activité mentale. Il est une clarté sans trace, une présence dynamique comparable au miroir de l’eau. Ainsi, étant la base, il n’a pas besoin de se référer à ses expressions pour exister. Il est souverain.
Ce que nous sommes vraiment, nous le sommes déjà. Nous n’avons pas à le devenir. C’est l’illusion qui cherche à s’inscrire dans un processus d’évolution. Ce désir de transformation est puissant chez elle. Aussi, il n’est pas facile de lui résister. Cependant, en y prenant part, c’est notre nature absolue que nous rejetons. Tout cela pour n’obtenir qu’une progression relative au sein de notre illusion.
Ainsi, c’est toute notre grandeur qui se trouve évincée et bafouée. Alors que la Vérité demeure entière et spontanément parfaite, elle se voit conceptualisée et théorisée. Perçue à travers notre vision dualiste, elle est objectivée. Elle nous apparait extérieure et délimitée par ses expressions et ses propres formes. Croyant être notre pensée et son discours, nous nous employons à défendre et à suivre les théories qu’elle élabore.
Demandez-vous pourquoi l’Esprit aurait besoin de se confirmer et de se trouver mentalement ? N’est-ce pas paradoxal qu’il se mette en quête de lui-même ? Cela n’est-il pas qu’une introversion, qu’un repli de la pensée par lequel elle tente vainement de s’autosaisir ?



