Lâcher prise du jugement
S’il existe une Vérité, celle-ci englobe tout. Par conséquent, tout est vrai. Qu’importe les états, les caractéristiques que nous constatons et associons aux situations. Cela ne change en rien leur réalité. C’est uniquement le regard et le jugement que nous leur portons, qui les maintiennent ou les excluent subjectivement de la Vérité. Malgré nos projections, tout ce qui existe reste neutre et vrai.
Celui qui décide de ne plus faire entrer le monde et les Êtres dans sa subjectivité, dans sa partialité, conserve une vision pure et libre de tout jugement. Il voit le monde tel qu’il Est. Ce faisant, il se garde lui-même tel qu’il Est. Aussi, s’il se trouve rejoint dans sa démarche, il advient que personne ne juge personne.
La vision libre de jugement est notre état par défaut. C’est de nous avoir conditionnés au jeu du personnage, que, pour le défendre et le valoriser, nous sommes entrés en compétition. Juger, évaluer, catégoriser, cela correspond à ce à quoi notre mental s’emploie en permanence. Tout cela dans le but de nous rassurer et maintenir le rôle que nous pensons occuper.
Il est facile de comprendre comment l’illusion doit veiller à se maintenir pour détenir une quelconque valeur. Tel un funambule, elle doit garder l’équilibre sous peine de tomber. C’est une tension de chaque instant où notre personnage doit mériter sa légitimité. À l’inverse, dans sa vérité, notre Être n’en a cure de toute cette histoire. Dans son royaume, rien ne connaît d’exclusion ni ne doit mériter sa place. Tout est uni et vrai et le demeure.
Notre tendance à projeter des idées ne constitue pas un problème en soi. Ce qui le devient, c’est de ne tenir compte que de notre vision personnelle et d’en oublier la perception directe et neutre. Tant que nous restons conscients que nos idées et nos avis ne sont pas la réalité, tout va bien. La Vérité est vérité et l’illusion est illusion, le réel et l’imaginaire ne peuvent pas se mixer entre eux.



