Le mythe de la séparation
Nous pensons qu’une “action”, tel un sortilège, nous a fait basculer dans l’illusion. En fait, ce n’est qu’une croyance. Aucune “action”, quelle qu’elle soit, n’a ce pouvoir. Tous les changements que nous subissons restent de l’ordre du relatif. Notre Nature est à l’image de l’eau qui peut supporter différents états sans en être affectée. Qu’elle apparaisse sous son aspect liquide, solide ou gazeux, intrinsèquement, elle demeure ce qu’elle est.
Toutes les transformations morales ou physiques que nous subissons ne concernent ni notre Être, ni notre Essence. Aussi, ce n’est qu’une conception qui nous persuade du “mythe d’une séparation” avec le Grand Tout. C’est d’une projection mentale que découle notre bannissement ainsi que notre égarement. En vérité, cela n’est jamais arrivé.
Aujourd’hui, il existe une vision romantique du parcours spirituel, dans laquelle certains, afin de ne pas impliquer leur personnage, développent une forme d’attentisme. Ils espèrent que, de façon “naturelle”, l’éveil surgira en eux comme par magie, au détour d’une balade en nature.
Pourquoi se raconter une telle histoire, comme si le malheur de l’illusion n’était pas notre fait ? Comment s’en faire la victime et s’imaginer en prise avec un mauvais sort ? Comment espérer que, par une conduite raisonnable, le ciel daignera nous accorder une grâce salvatrice ?
À aucun moment, la Vérité et sa plénitude ne nous ont été retirées. Depuis toujours, nous arpentons le paradis sans nous en rendre compte. Notre esprit et notre cœur se sont fermés au point d’occulter notre perception et de l’inverser.
Tels des anges tombés du ciel, nous croyons avoir échoué dans ce monde hostile. Pourtant, il n’en est rien. Toute cette mythologie, c’est nous seuls, c’est chacun qui se la raconte. Aussi, nous pouvons attendre longtemps une délivrance divine puisque le divin n’y est pour rien.
Notre destin nous appartient. Nous devrions mettre fin à une hypocrisie qui nous aveugle et masque notre responsabilité. Nous ne réalisons pas que nous nous attendons “nous-mêmes”. Le fait de rouvrir notre esprit ne dépend que de notre décision.



