“Libres” en réalité
L’éveil intervient parce que nous invalidons notre personnage. Le jeu et le masque que nous portions tombent. Ainsi, nous nous retrouvons “nus”, originels et vrais dans l’instant.
Nous étions confondus avec une histoire, mais en réalité nous SOMMES, constamment, invariablement. Seule la Présence existe. Ainsi, elle surpasse tous les récits.
Il serait temps de songer à nous éveiller. De rester claustrés plus longtemps dans l’illusion n’apportera rien, ne nous rendra pas plus aptes à nous libérer. La liberté à laquelle aspire un prisonnier ne nécessite pas de rester enfermé un jour de plus. De même qu’une personne malade ne réclame pas de souffrir un jour de plus pour être guérie.
Notre “sommeil” repose sur une croyance, un mythe que l’on nous a transmis. C’est comme la légende du père Noël que l’on nous a vendue lorsque nous étions enfants. Il s’agit seulement d’une fable où rien n’est vrai. Cependant, la croyance que nous lui portons fait qu’à nos yeux elle devient existante. La mythologie que chacun s’invente produit les mêmes effets. Ce qui n’est pas sans conséquences dans la vraie vie.
À présent, nous en venons à nous référer davantage à notre fantasme, qu’à la réalité. C’est cette importance que nous lui conférons qui, finalement, la rend difficile à évincer. Pourtant, rien n’existe. Il ne s’agit que d’une simple “histoire”.
De se défaire de la croyance du père Noël n’exige pas un gros travail. C’est d’en accepter la désillusion, le dépit que cela provoque, qui peut être difficile à admettre et à supporter.
Quoi que nous déduisions sur nous-mêmes, nous sommes restés la Présence première. Cela n’a pas varié d’une seule seconde, malgré notre histoire. Les jugements, les critiques que nous projetons sur nous-mêmes ne représentent qu’une perception, qu’un simple avis. Par-delà ce que chacun peut penser de lui et que d’autres pensent à son sujet, tous, invariablement, nous Sommes et gardons l’Essence immuable de notre Être.
Les excuses que nous avançons, pour justifier d’être encore captivés par l’illusion, font toujours partie du rêve. Nous parlons d’identification au personnage, mais c’est lui-même qui prétend cela. De même que nous pourrions penser que nous avons besoin de développer notre confiance, etc. Tout cela également reste son propos. C’est d’être “celui-là” que nous sommes en premier lieu qui, seulement, nous permet d’aboutir en l’Être. Ce que nous sommes réellement, déjà, nous le SOMMES. Nous n’avons pas besoin de le devenir.



