S’attendre soi-même
La vérité étant unique et parfaite, il n’existe pas de marge ni de zone tampon, dans lesquelles nous échouer. Si de tels lieux trouvent une “réalité”, c’est seulement dans notre entendement. Aussi longtemps que nous observons une salle, en nous situant à son niveau médian, nous n’en percevons que la moitié. C’est de rejoindre son extrémité, de nous coller au mur du fond, qui nous permet de la voir dans sa totalité.
Les degrés, les différents niveaux qu’engendre la perception duelle liée l’illusion, n’ont pas cours dans la vision absolue à propre la conscience. Afin de dégager notre vue, nous pouvons écarter progressivement les doigts placés sur nos yeux. Plus directement, il nous suffit de retirer nos mains. La démarche progressive n’est pas indispensable. À légal de nos yeux, notre conscience n’a jamais cessé de fonctionner. C’est ce qui était ajouté dessus qui amoindrissait et déformait notre discernement.
Nous espérons demain et ailleurs une chose qui se trouve ici et déjà disponible. Notre attente est l’expression, la conséquence directe de notre illusion. Cependant, au regard de la Vérité, elle n’apporte rien. Nous temporisons, différons notre libération inutilement, à cause de notre mauvaise interprétation.
Paradoxalement, du fait de notre ignorance, nous sommes à nous attendre nous-mêmes. Cette attente peut s’éterniser, si nous ne réévaluons pas notre situation. Ne sommes-nous pas déjà fatigués des efforts et du temps passé ? Pensez-vous vraiment qu’un quelconque ajout va tout résoudre ? La Présence est ici dans cet instant. Elle ne se fera pas plus intense ni plus vraie. Nous-mêmes, n’avons qu’elle à qui faire face. Alors, qu’attendons-nous ?



