Derrière le discours
Imaginez que nous enlevons tous les mots de nos pensées, ainsi que ceux des propos avec lesquels nous racontons des histoires. Tous, simplement, nous nous retrouverions ici, pareillement, dans le réel de l’instant. Notre vision subjective veut sans cesse compromettre la vision objective. Cependant, derrière le discours, elle demeure intacte.
Soyez présent à ce que vous vivez, à ce que vous faites. Restez fidèle à la vérité de l’instant. Si nous voulons reconnaître son évidence, sa proclamation, sa “telléité”, faites-lui face. Ne la fuyez pas. Ne vous endormez pas dans la pensée. Ce lien n’est pas à établir ni à entretenir, il ne doit pas être un effort. Il est l’unicité qui déjà nous rassemble, mais que nous ne distinguons plus.
Gardez votre esprit ouvert, connecté. Goûter la fraîcheur du vivant. Ne mastiquez pas des mots vides. Ne vous occupez pas à donner du réel à l’irréel. Voyez comment, spontanément, vous existez sans condition ni enjeu. Invariablement, sans l’ajout d’une volonté particulière, nous sommes… Aussi, tout ce que nous pouvons dire ou croire, en vérité, n’y change rien.
D’être fidèle à la Présence ne vous en rapprochera pas, ne vous rendra pas plus présent. Cela aura pour effet de ne pas vous investir, de ne pas espérer davantage dans le rêve. Moins nous jouons et plus de jouer perd de son attrait. Ce n’est pas batailler contre notre addiction qui nous libère. Nous laissons le jeu, de reconnaitre que, finalement, il ne comble rien dans notre vie. Que depuis le début, nous sommes restés au même stade !



