La Présence première
Notre “sommeil” repose sur une croyance, un mythe que l’on nous a transmis. C’est comme l’histoire du père Noël que l’on nous a vendu lorsque nous étions enfants. Il s’agit seulement d’une fable où rien n’est vrai. Cependant, la croyance que nous lui portons fait qu’à nos yeux elle devient existante. La mythologie que chacun s’invente produit les mêmes effets. Ce qui n’est pas sans conséquences dans la vraie vie.
À présent, nous en venons à nous référer davantage à notre fantasme, qu’à la réalité. C’est cette importance que nous lui conférons qui, finalement, la rend difficile à évincer. Pourtant, rien n’est vrai. Il ne s’agit que d’une simple “histoire”.
De se défaire de la croyance du père Noël n’exige pas un réel travail. C’est d’en accepter la désillusion, le dépit que cela provoque, qui peut être difficile à admettre et à accepter.
Quoique nous songeons sur nous-mêmes, nous sommes restés la “Présence première”. Cela n’a pas varié à un seul moment, malgré notre histoire. Les jugements, les critiques que nous projetons sur nous-mêmes ne représentent qu’une perception, qu’un simple avis. Par-delà ce que chacun peut penser de lui et que d’autres pensent à son sujet, tous, invariablement, nous sommes et gardons l’essence immuable de notre être.
Les excuses que nous avançons, pour justifier d’être encore captivés par l’illusion, font toujours partie du rêve. Nous parlons d’identification au personnage, mais c’est lui-même qui prétend cela. De même, que nous pourrions penser que nous avons besoin de développer notre confiance, etc. Tout cela également reste son propos. C’est d’incarner “celui-là” que nous sommes en premier lieu qui, seulement, permet d’aboutir en l’Être. “Celui-là”, nous le “Sommes” déjà. Nous n’avons pas besoin de le devenir.



