L’épuisement libérateur
Tout s’épuise. Il ne reste rien que cet instant présent. Lui seul nous plonge dans le réel. La totalité de ce que nous avons vécu jusqu’ici n’est plus, a disparu… Comme une mélodie qui se dissipe dans le silence, les notes, les instants, les séquences de notre vie s’évanouissent inéluctablement. Seule, la base fondamentale de la Présence persiste en arrière-plan.
Faut-il être aveugle et obstiné pour, comme le font certains, s’employer à “se libérer”, lorsque la Vie s’en charge elle-même en éliminant, au fur et à mesure, tout ce que nous vivons ! De la minute qui vient de s’écouler, ne subsiste qu’un souvenir. Lui, aussi, s’efface doucement. Concrètement, la Vie nous affranchit. Cependant, nous ne le voyons pas. Nous préférons regarder et suivre le chemin, le scénario, inventé par notre mental.
Aussi, pourquoi se discipliner pour se maintenir dans la Présence, lorsqu’elle seule existe vraiment ? Pourquoi “faire le silence” lorsqu’il se rétablit infailliblement de lui-même ? Nous croyons en notre illusion ainsi qu’en sa solidité. Pourtant, nos sens peuvent directement observer l’épuisement continuel de tout ce qui survient.
Que de temps et d’efforts consacrés pour libérer une illusion virtuelle, qui elle aussi se dissout comme un mirage ! Peut-être que si notre motivation pour nous éveiller et retrouver la Source était affermie, nous ne chercherions plus à nous distraire en permanence de la Présence vivante et du but. Notre illusion serait reconnue comme le rêve, l’irréalité qu’elle a toujours été.



